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CHRISTO BOTEV. SA VIE ET SA PERSONNALITÉ

Guenoveva Beaufils

web

«Il faut porter un chaos en soi d’où peut émerger une étoile qui danse.»
Nietzsche

La poésie de Christo Botev naît dans un pays où la légende d’Orphée est toujours vivante. L’histoire d’un peuple qui a perdu sa liberté est narrée dans des chansons, transmises de génération en génération. Les chanteurs créent des figures mythiques, des héros invincibles qui luttent contre l’oppresseur. Le poète naît et vit dans cette atmosphère mythique.

Aujourd’hui il est communément admis de laisser l’œuvre d’un poète parler sans y mêler des éléments biographiques. Il y a cependant des exceptions ou l’œuvre et la vie ne font qu’un tout. Dans l’histoire hongroise c’est Chandor Petöfi et dans l’histoire bulgare: Christo Botev.

«Il a témoigné par sa mort de la vérité de sa poésie. Car un poète n’est accompli à ses yeux que si son sang contresigne son verbe. Ainsi fut en France Charles PEGUY. Je me rappelle que BOTEV fut fusillé.»1

Quand on évoque Botev, l’expression poétique est aussi réelle que sa vie, sacrifiée pour la réalisation de ses idées.

«...Christo Botev est le premier parmi eux, [les personnalités de la littérature bulgare]: homme de l’arme et de la plume, sans qu’on puisse dire qui a plus d’éclat chez lui: l’épée ou la parole. Sa personnalité est un énigme : une personnalité tragique issu des pages de Shakespeare ou créée par un mythe magique. Son œuvre est spontanée, unifiée et sincère; on n’y trouve pas une seule note fausse. Elle jaillit des profondeurs de l’harmonie artistique. On peut dire que Botev possède, sans qu’il soit un Dieu d’Olympe, toute la finitude primitive des Titans.»2

Sa vie n’est pas longue mais elle est riche en événements. Christo Botev est né le 6 janvier 1848 dans la ville de Kalofer, blottie entre le Balkan et la montagne Sredna gora et animée par l’esprit novateur et indépendant de ses habitants. Le poète est mort le 20 mai 1876 lors d’une bataille avec l’armée turque pour la liberté de la Bulgarie, souffrant depuis cinq siècles sous la domination de l’Empire ottoman. Plus on s’éloigne de cette époque, plus elle devient un simple fait historique cité dans les programmes scolaires. Mais la relecture de la poésie de Christo Botev nous fait revivre cette histoire symbolisant le droit à l’indépendance et à la liberté pour tous les peuples.

La vie et l’œuvre de Christo Botev sont entourées de l’auréole de sa mort tragique et il est difficile d’en parler sans se servir d’un ton pathétique. Cependant nous allons essayer de nous rapporter aux faits qui d’ailleurs sont aussi susceptibles d’être traités de pathos.

«Les grands hommes font leur propre piédestal; l'avenir se charge de la statue.»

Victor Hugo

Christo Botev naît dans la famille de l’instituteur et publiciste Botio Botev. Son père est une personne éclairée, un propagandiste du Réveil National. Après avoir terminé ses études secondaires dans sa ville natale, en 1863, Botev reçoit une bourse et part pour Odessa dans le but de poursuivre ses études. Il se familiarise avec la littérature classique et la pensée sociale en Russie. Dès la deuxième année, il a été forcé de quitter le lycée à cause de son refus de s’incliner devant le régime sévère du lycée. Il rejette les préjudices de castes et s’engage dans la propagande révolutionnaire. Ce fut le début d’un parcours mouvementé et d’une vie consacrée à son peuple. Botev poursuit ses études à la faculté historique d’Odessa et devient adepte des idées révolutionnaires de Belinski, Dobrolioubov et Tchernichevski.

De retour en Bulgarie, il prononce un discours incendiaire, demande au sultan de proclamer l’indépendance de la Bulgarie et l’accuse d’exercer son pouvoir avec atrocité. A cause de ce discours, il est obligé de quitter son pays; il s’installe en Roumanie et devient immigrant, chassé«vers la triste terre étrangère, où nous errons sans feu ni lieu, privés d’amour, privés de tout.» 3

Nombreuses sont les activités qu’il exerce alors pendant cette période d’immigration: rédacteur d’un journal, maître d’école, acteur dans des troupes amateurs, ouvrier dans une imprimerie. Il fréquente le milieu des révolutionnaires bulgares qui ont trouvé refuge en Roumanie. Très rapidement un cercle se forme autours de lui.

Un autre grand écrivain bulgare, Ivan Vazov, nous présente son portrait en mettant en évidence l’esprit supérieur qui abrite le génie:

«Ce jeune homme pensait différemment des autres. Son esprit était occupé par les questions sociales et humanitaires, des tâches terribles et sans solution qui d’ailleurs tourmentent et effraient tous les libres penseurs de notre temps.

Des rêves vagues, embrouillés mais ardents ruminent dans sa tête, de grands plans pour le futur, apparemment impossibles, mais qui ne surgissent que dans l’esprit des hommes qui estiment avoir à remplir une mission plus élevée, des idéalistes dont le destin est différent de celui du travail et du souci de gagner le pain quotidien... 

Botev était né pour s’élever au dessus de l’esprit moyen.»4

La première poésie de Christo Botev est publiée en 1867 et porte le titre A ma mère. Les poésies qui suivent: Elégie, A mon frère et Partage sont écrites et publiées entre 1868 et 1870. Ces premières œuvres font preuve de son talent sur le fond dactique qui caractérise la création littéraire en Bulgarie et montrent«ses qualités littéraires exceptionnelles».

«Ce qui caractérise la littérature de cette époque, c’est son aspect didactique: le souci des écrivains, dont la plupart sont réfugiés à l’étranger ou publient à l’étranger (principalement à Bucarest, Braïla, Odessa ou Constantinople), est d’instruire un peuple et de lui redonner conscience de son identité nationale. Telle est la foi qui anime les poètes Dobri Tchintoulov (1822-86), Petko Slaveïkov (1827-95), les dramaturges Dobri Voïnikov (1833-78) et Vassil Droumev (1838 ? -1901). [...] Quant au poète Christo Botev (1848-76), un destin tragique allié à des qualités littéraires exceptionnelles ont fait de lui une figure phare de la littérature bulgare (il est mort jeune sur le champ de bataille pour la libération de son pays).»5

Ces trois années sont assez difficiles pour le poète. Maître d’école pour quelques mois, étudiant à la faculté de médecine à Bucarest: il est toujours sans moyens suffisants pour survivre et sa santé se dégrade progressivement. A l’exemple de la Commune de Paris, il pose, en 1971 le fondement de la«Commune bulgare» à Galatz, Roumanie.

En 1872, il commence à éditer à Braila, Roumanie le journal révolutionnaire Mot des émigrés bulgares. De retour en Bulgarie, il est arrêté mais libéré deux mois après grâce à l’intervention des intellectuels bulgares et surtout de l’écrivain Liuben Karavelov. La même année, il participe à la création de la Société littéraire (la future Académie bulgare des sciences), écrit des poésies, des feuilletons, de courts récits et des articles. En même temps, il rédige les directives à suivre dans la lutte contre l’oppresseur pour mettre fin aux souffrances de son peuple qu’il aime si fortement.

«Botev ne poursuit pas des objectifs purement pratiques de la vie quotidienne; son amour de la Patrie et de l’homme diffère déjà de celui de ses prédécesseurs, voire même de ses contemporains. La vision du monde qui reflète plutôt le climat local, l’élément national et l’usage populaire, l’esprit étroitement révolutionnaire, c’est-à-dire ce qui est plutôt éphémère, car portant l’empreinte de la quotidienneté, cède chez lui le terrain à une conception de la vie titanique et combative, socio-philosophique et héroïque. Cet homme intrépide, ce poète au regard flamboyant, à l’âme de gladiateur, se dresse hardiment, face au monde, en faveur du rêve séculaire du peuple et de l’humanité. Sa fierté découle de la vigueur de sa nature, de la richesse de ses idées, pas toujours à la portée des autres, de la confiance qu’il a en soi comme combattant.»6

La vie et l’œuvre de Christo Botev nous font témoins de la création d’un mythe: parce qu’il est devenu une figure mythique pour le peuple bulgare. Suivons cependant le déroulement de ses jours jusqu’à la date gravée dans la mémoire bulgare: le 20 mai 1876. Pour une caractéristique brève de la personnalité de Botev nous évoquerons les propos de Nietzsche dans le fragment 290 du Gai Savoir lorsqu’il écrit:

«Donner du style à son caractère - voilà un art grand et rare! Celui-là l’exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l’intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d’art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.»7

L’œuvre de Christo Botev est l’expression de ses forces et ses faiblesses qu’il arrive à mettre au profit de son peuple. Dans le passage cité, Nietzsche fait ressortir l’unité et la cohérence. Ainsi ce qui pouvait apparaître comme addition hasardeuse de caractérisations, les unes positives et les autres dépourvues de valeur, devient une construction, un jeu subtil de points de vue intégrés, ce qu’est exactement le phénomène Botev, dans la littérature bulgare. Sa vie et son œuvre font une totalité: il est«un être noble, qui a sa propre valeur en lui-même»8. L’esprit d’un homme qui est«un tout accompli en soi.»9

Les données exactes de sa vie après 1871 sont absentes, certains de ses contemporains font allusion à des penchants aventuriers; les anarchistes le compte parmi leurs plus imminentes personnalités. En réalité, c’est surtout son activité révolutionnaire consacrée à la recherche de voies et de moyens pour libérer son pays qui le préoccupe.

Les années 1872-1875 sont difficiles pour les révolutionnaires bulgares. La mort de Vassil Levski, pendu par le pouvoir turc, est un coup dur. L’organisation qu’il avait créée dans le pays est en train de s’effondrer, les immigrés souffrent de divergences d’idées. Les dirigeants du mouvement libérateur n’arrivent pas à se mettre d’accord sur les moyens qu’il faudrait utiliser pour la libération de la Bulgarie. Le mouvement révolutionnaire se divise en deux. Les positions sont les suivantes: soit des actions immédiates, soit attendre l’aide de l’extérieur. Botev est élu à la tête du nouveau Comité central des révolutionnaires bulgares qui commence les préparatifs d’une insurrection en Bulgarie.

Pendant cette période, Botev écrit beaucoup: des poésies, des articles, des essais. Son oeuvre proclame ses convictions et ses idées qui appellent à une lutte contre la souffrance qui existe partout dans notre monde. Il suit de près la production littéraire originale et traduite parce qu’il est conscient de son rôle important pour l’éveil spirituel d’un peuple. Ces idées déterminent sa conception sur la traduction:

«Les romans, nouvelles, récits, et de manière générale, toutes les œuvres de pure littérature, doivent être adaptés ou, plus exactement, doivent correspondre aux aspirations et au caractère du peuple dans la langue duquel elles sont écrites et traduites. Sur cette base, ce qui est utile pour nous, pour le moment, ce sont des œuvres littéraires qui correspondent à nos besoins et à nos aspirations et qui ont un caractère contemporain et universel.»10

Lui-même traducteur, il prévient qu’il faut faire très attention au choix des œuvres à traduire et les considérer selon les besoins que le peuple a en ce moment précis. Marie Vrinat souligne dans son article Ekaterina Karaveliva, une traductrice discrète, la nouveauté dans ses conceptions à propos de la traduction. «Mais Christo Botev avance également un principe neuf pour l'époque: il s'élève contre l'adaptation et la reprise, affirmant que le vol en traduction est plus dangereux que le vol habituel.»

Tout en se souciant du sort de son pays, Botev pense aux malheurs de tous les peuples sur notre terre, à tous les gens pauvres qui, eux aussi, souffrent:

«L’union raisonnable et fraternelle des peuples seule serait capable de détruire les malheurs, la pauvreté et le parasitisme du genre humain; seule cette union est en possibilité d’instaurer les véritables liberté, fraternité, égalité et bonheur sur le globe terrestre. Aussi longtemps que les peuples seront séparés par les machinations de toutes sortes d’empires, de constitutions ou de républiques et qu’ils éprouvent une espère de soumission aveugle devant les serviteurs de Dieu, tant qu’ils se considèrent comme des ennemis, tant il n’y aura pas de bonheur sur cette terre et des jours heureux pour l’homme!»11

Son petit ouvrage Chants et poésies paraît en 1875. Cette même année il concentre ses efforts sur la constitution d’un groupe pour passer le Danube et aider l’insurrection qui se prépare dans le pays. La date a du être avancée à cause de la découverte des préparatifs et l’insurrection éclate le 20 avril 1876. Le même mois Botev organise les émigrés pour se rendre en Bulgarie et secourir les insurgés. Déguisés en ouvriers jardiniers, les deux cents révolutionnaires, Botev en tête, s’embarquent sur le paquebot autrichien Radetzky. Il s’empare du commandement et obligent le capitaine de les faire descendre sur le rivage bulgare près de Kozlodoui. Après de dures batailles avec l’armée régulière turque, ils subissent de graves pertes.

Le 20 mai 1976 le poète, comme il l’avait prédit, succombe pour la liberté de son pays ; son nom est gravé pour toujours dans la mémoire bulgare et sa poésie fait partie du patrimoine mondial.

«C’est vrai, chez nous existent des écoles, des maisons de cultures, des journaux et des librairies, on crée des œuvres littéraires[...] et il [ce peuple] sait déjà noter assez correctement des événements tel une famine, un incendie en Turquie [...] Mais dites-moi, s’il vous plaît, est-ce cela le progrès d’un peuple qui a autant de droits à existence et au développement qu’ont tous les autres peuples dans le monde? Chacun peut penser ce qu’il veut mais nous dirons que si ce genre de progrès continue de la même manière l’existence de notre peuple deviendra impossible. La Turquie a tendu sa main morte sur toutes ses forces vitales et rien que le fusil et l’épée ne l’empêcheront de l’étrangler.»12

Pour finir avec cette brève présentation de la vie du poète bulgare Christo Botev, nous voudrions insister sur le fait que Christo Botev est un être humain avec une sensibilité aiguë mais sans avoir quoi que ce soit de surhumain ou surnaturel. Son âme abrite souvent ce chaos dont parle Nietzsche et qui a donné naissance à ces quelques merveilleuses poésies et une œuvre importante en prose qui attendent toujours leur traducteur.

«Toute belle œuvre d’art est plus ou moins une empreinte du grand tout de la nature qui nous environne; elle doit aussi être considérer comme un tout existant pour lui-même qui, comme la grande nature, a sa fin en lui-même, et est là pour lui-même.»13

 

 


1. Préface de Jean Guitton in Christo Botev, Celui qui succombe pour toi, liberté..., Edition Eric Baschet, 1984. [back]

2. Стоянов, Людмил. Две основни течения в българската литература (1920). // Култура и критика. Ч. I: Критически зигзаги. Варна: LiterNet, 2002. 03.09.2002 <https://liternet.bg/publish5/lstoianov/dve.htm> (02.06.2003) (Lioudmil Stoïanov, Dve osnovni tetchenia v balgarskata literatoura: Deux courants majeurs dans la littérature bulgare in Culture et critique, 1920): "Първият между тях […] човек на меча и човек на словото и у когото не знаеш кое повече блести, мечът или словото - това е Христо Ботев. Неговата личност е една загадка - една трагична личност, слязла сякаш от страниците на Шекспир или създадена от някой вълшебен мит. Неговото творчество е спонтанно, единно и нелицемерно, в него не звучи ни една фалшива нота, то извира от недрата на една художествена хармония. За Ботев би могло да се каже, че без да бъде олимпиец, той притежава всичката груба незавършеност на титаните." [back]

3. Christo Botev. Adieux (1868), nous citons la traduction de Paul Eluard. [back]

4. Иван Вазов. Събрани съчинения. Т. 6, С.: Български писател, 1976, с. 42-43 (Ivan Vazov, Sabrani sachinenia: Œuvres complètes, v. 6, Sofia, éd. Bălgarski pisatel, 1976, p. 42-43): «А тоя момък не мислеше както другите. Неговият ум занимаваха социални, общочовешки въпроси, задачи страшни, неразрешими, които вълнуват в нашто време всичките милящи умове и ги смущават, и ги плашат.

В неговата глава се въртяха мътни, неясни и смели някои мечти, някои бъдещи големи планове, невъзможни може би, но които се появяват само в главите на хората, които чувствуват, че тяхното назначение е по-високо, по-идеално, отколкото да работят и мислят само за насъщния хляб...

Ботев бе роден, за да стои по-горе от общото равнище.» [back]

5. Marie Vrinat-Nikolov. La litterature bulgare cette inconnue. Intervention sur la litterature bulgare au Seminaire de Sofia, 1998. [back]

6. Pantelei Zarev. La poesie et la personnalite de Christo Botev in Christo Botev. Poesies, Ed. p. 7. [back]

7. Nietzsche. Oeuvres philosophiques completes V, (trad. P. Klossowski), Paris, Gallimard, 1982, p.197. [back]

8. Tzvetan Todorov. Theories du symbole. Editions du Seuil, 1977, p. 189. [back]

9. Ibid. [back]

10. Христо Ботев. Съчинения. Т. 1, С.: Български писател, 1986, с. 185 (Christo Botev, Săčinenija: Oeuvres, v. 1; Sofia, éd. Bălgarski pisatel, 1986, p. 185). [back]

11. Хр. Ботьов. В. Знаме, г. I, брой 14 от 2 май 1875 г. (Christo Botev. Znamé, no 14, le 2 mai 1975): "Само разумният и братският съюз между народите е в състояние да унищожи теглилата, сиромашията и паразитите на човеческият род и само тоя съюз е в състояние да въдвори истина свобода, братство, равенство и щастие на земното кълбо. Дордето народите бъдат разделени помежду си с машинациите на своите всевъзможни империи, конституции и републики и дордето тие, из сляпо едно низкопоклонничество към божиите помазаници, гледат един на други като на врагове, дотогава не ще да има щастие на земята, не ще да има бял ден за човекът." [back]

12. Христо Ботев. Единственото спасение на нашия народ е в революцията, Букурещ, 4 януари (Christo Botev. Edinstvenoto spacenie na nachia narod e v revoliutziata: La seule voie de sauver notre peuple est la révolution, Bucarest, le 4 janvier): "Наистина у нас има и училища, и читалища, и вестници, и книжарници, и литература (...) той умее вече доста правилно да запише кога е станало в Турция глад, кога мор, кога пожар (...) Но кажете ни, молиме ви се, сичкото това прогрес ли е за един народ, който има толкова също право за съществувание и за развитие, колкото имат и сичките други народи по светът? Нека говори кой що ще, а ние ще да кажеме, че ако би да се продължи и занапред тоя прогрес, то съществуванието на нашия народ е немислимо. Турция е простряла вече своята мъртва ръка връз всичките негови жизнени сили и нищо друго не ще може да я възпре, освен огън и меч." [back]

13. Tzvetan Todorov. Theories du symbole, op. cit., p. 190. [back]

 

 

© Guenoveva Beaufils, 2003
© E-publishing LiterNet, 02. 06. 2003
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First edition, electronic.