:. LiterNet   :
:. LiterNet   :
:.
:.   K :      : RSS !      Facebook!  
:.      : RSS !
:. :   &  LiterNet -        LiterNet  Facebook!     LiterNet  Twitter!
:.
:. /
:.
:.
:.       :            Facebook       Twitter!
:. :        Facebook!
:.  
:. Bücher Amazon
:. Amazon Livres
:. Fantasy & Science Fiction
:. Littérature sentimentale
:.
:.
:.
:. LiterNet
: | | |

DE L`ANALYSE À LA CONSTRUCTION DU TEXTE ÉCRIT

Anélia Brambarova

web

Quest-ce qui différencie lexpression écrite de lexpression orale? Tout dabord ce sont les conditions de la construction du message, caractérisées par la situation communicative. Lécrit, suivant ces particularités peut être qualifié en message différé dans le temps, étant donné que le récepteur nest ni connu, ni évident. Le monologue du scripteur ne suppose donc pas de négociation immédiate avec son interlocuteur ce qui loblige danticiper à tout moment le message dans son intégrité tout en se distanciant pour pouvoir se limaginer quant à la situation communicative. De plus sa motivation ne peut être entretenue que par son seul et unique effort. Le contrôle exercé sur son message ne peut être partagé comme cest le cas de la communication orale, il sagit donc dun contrôle intérieur, prolongé et constant, qui fonctionne grâce à la volonté du scripteur. Construire un texte écrit est chose difficile et demande une sévère organisation des procédés, sans toutefois omettre les capacités de traitement de la gestion textuelle globale ayant trait aux compétences dabstraction du scripteur sur le plan cognitif.

Comment donc soumettre à cette fin les outils que nous donne la linguistique du texte?

Apres un travail préalable de détermination de lintention communicative et après avoir défini sa fonction sociale, donc avoir fait référence à un style fonctionnel /qui, naturellement, est en fonction du contexte social/ la réalisation de la superstructure textuelle devient possible. Cela vient dire que la superstructure textuelle peut être correctement envisagée seulement si les caractéristiques des genres de discours sont correctement déterminées, ce qui a rapport justement aux références textuelles dont il a été question.

La superstructure textuelle est le cadre où le texte est développé, donc elle correspond à son organisation interne sous forme de plan de ses parties plus ou moins hiérarchisées, à commencer par le titre. Grosso modo on distingue lintroduction, lexposition et la conclusion, mais leur contenu est variable selon la contrainte imposée par le style fonctionnel. Doù la nécessité de connaître les particularités des différents genres de discours et den tenir compte lors de la détermination du plan du texte.

Pour illustrer les nuances du choix étudié dun projet textuel un exemple de textes très proches en terme de contenu mais se différenciant par lintention communicative sera propose ci-dessous.

Texte scientifique

Texte scolaire

Introduction

  1. plus concrète
  2. exprime le contenu essentiel
  3. liée étroitement au thème
  4. ne donne pas de possibilités de déviations et limite de force le texte
  5. étudie le problème dans son aspect historique
  6. motive son choix

Introduction

  1. plus générale
  2. détermine lobjet de létude
  3. le caractère général parle du degré dapprofondissement de létude du problème
  4. ne limite pas lexposition
  5. attire lattention sur lobjet étudié par une définition qui détermine la structure de lexposition

Exposition

  1. description du matériel et des techniques de létude
  2. presentation des faits
  3. - observation

    - interprétation des faits scientifiques

    - concrétisation du problème lors dune comparaison avec dautres auteurs et recherches (moment de discussion)

  4. Soutenance de la thèse de lauteur au moyen des preuves découlant de la recherche

Exposition

  1. se développe suivant les points préalablement marqués dans lintroduction
  2. décrit les faits
  3. donne leur explication scientifique

Conclusion

  1. information concise sur les résultats
  2. souligne les moments originaux de la solution proposée
  3. évalue lapport de la solution pour les besoins de la pratique

Conclusion

  1. nexiste pas à proprement parler car chaque microthème étudié se termine par une sorte de résumé

Entrent en jeu également les types de textes, eux aussi, strictement déterminés par lintention langagière - il est question de textes à dominante narrative, descriptive, conversationnelle, explicative ou injonctive qui ont, bien évidemment, chacun ses particularités influençant le projet textuel.

Il va sans dire quune place primordiale revient à létude des outils argumentatifs dans les textes scientifiques.

Suit un exemple de texte littéraire à dominante narrative - le conte - où la superstructure textuelle obéit à des règles particulières.

Titre

  1. Cadre indéterminé de laction
  2. le/les personnage/s y est/sont présent/s
  3. plus rarement les circonstances ou se développera laction

Introduction

  1. formule cliché
  2. lieu/temps
  3. moment précis marquant le point de départ de laction
  4. entrée en scène du/des personnages du titre

Exposition

  1. détermination des segments narratifs dont la somme des résumés représente laxe narratif
  2. mécanisme du développement du sujet - opposition positif/négatif et rétablissement de léquilibre dérangé

renouement - développement - dénouement

Finale

La morale du conte - sorte de mouvement circulaire - identité entre le titre et la finale

Naturellement, quand il est question dun texte littéraire, la superstructure présuppose une étude spéciale des instruments textuels (lalternance, lempiètement, le parallélisme etc.) qui en assurent lintégrité donc la cohésion des segments narratifs.

De cette façon est assuré le passage vers la macrostructure textuelle.

Létude de celle-ci, étant, bien sûr, dordre linguistique, porte sur la textualisation-même du message.

Quelles compétences faut-il maîtriser à ce niveau pour pouvoir obtenir un texte intégral, cohérent et logique?

Il est question ici avant tout de savoir délimiter les unités sup raphrastiques et détablir les rapports entre elles.

Fixer donc lattention du scripteur sur les points suivants:

  1. Lintégrité du texte est une cohésion organique entre ses parties et se présente comme une cohérence significative, structurelle et communicative, les rapports entre lesquelles correspondent aux rapports entre le contenu/la forme/la fonction.

  2. Lintégrité du thème textuel exprime son entité significative. Avec son développement il reçoit des microthèmes supplémentaires, nécessaires à son explication et enrichissement, qui sont contenues dans les unités supraphrastiques (USP).

  3. Le thème principal nest pas la somme mécanique de tous les microthèmes dans les USP, leurs rapports étant assez complexes et soumis aux lois logiques de la présentation de linformation. Le thème principal cest la généralisation du contenu textuel.

  4. Le thème le plus petit est contenu dans lUSP, vu comme une unité structurelle complexe qui peut comprendre une ou plusieurs phrases, a une entité significative et représente une partie dune communication réalisée

  5. Les limites de lUSP sont toujours sémantiques, mais elles peuvent également être signalées par des marqueurs grammaticaux et lexicaux.

Le début dun USP peut être marqué par:

  • Un sujet substantif

  • Un complément circonstanciel de lieu, de temps, de but

  • Un tour impersonnel ou personnel indéfini

  • Un impératif ou un infinitif à valeur impérative

  • Une tournure conditionnelle

  • Une proposition interrogative dont la réponse se trouve dans le texte postérieur

  • Un adverbe, une conjonction, une locution conjonctive, un adjectif numéral

La fin dun USP peut être également signifiée par exemple par des marqueurs exprimant la conséquence.

Les rapports entre les USP sont assures par:

- une répétition simple de lunité lexicale

- une anaphore infidèle (substitution de lunité lexicale)

  • une anaphore infidèle par association

  • une antonymie

  • une anaphore fidèle (pronominalisation)

  • des conjonctions de types différents

  • le système temporel dans certains textes (p.ex. littéraires)

Chaque USP inclut un message relativement achevé, caracterisé par son microthème qui jouit dune indépendence significative, sémantique et logique, grâce à laquelle elle peut être isolée des autres.

Quant à la microstructure textuelle toujours en premier lieu vient le problème de la cohésion, cette fois dans lUSP, qui est assurée sur plusieurs niveaux, à savoir ceux de la référence et coréference, de lenchaînement syntaxique, de la continuité sémantique et de la progression thématique:

  1. Chaque phrase de lUSP est liée de point de vue communicatif aussi bien à la précédente quà la suivante, excepté la première qui nest liée quà celle qui la suit et de cette façon jouit dune indépendance relative, car, à son tour, elle dépend des parties antérieures du texte. La même chose est valable pour la dernière phrase de lUSP.

  2. La cohésion des phrases dans lUSP peut être réalisée sur cinq plans:

  • celui de la référence et de la coréference

  • celui de la corrélation et du parallélisme syntaxique assurant la cohésion bilatérale significative et formelle

  • celui de la continuité sémantique qui peut être considérée comme étant lessentielle pour lintégrité de lUSP car ce sont les unités lexicales qui reflètent le contenu primitif du laps textuel

  • celui des connecteurs

  • celui de la progression thématique

Comme on peut facilement sapercevoir les moyens de cohésion dans le cadre de lUSP opèrent en une interdépendance continuelle dépassant le niveau de la phrase et lui assurant de cette façon une solide intégrité.

Pour terminer ce bref survol nous rappellerons les quatre règles de M. Charolles (1978: 1) selon lesquelles pour quun texte soit cohérent il est nécessaire:

  1. quil contienne dans son développement linéaire des éléments strictement récurrents

  2. que son développement senrichisse continuellement sur le plan sémantique

  3. que son développement ninclut à aucun moment quelque élément contredisant le contenu déjà exposé ou encore supposé

  4. que les faits narratifs référés soient liés entre eux

Comment donc lanalyse basée sur la linguistique textuelle aidera-t-elle à la construction dun texte écrit et à lélaboration du sens?

En premier lieu cest le fait de se rendre compte que tout texte appartient à un style fonctionnel.

De là lidée quil est généré dans des conditions communicatives spécifiques, détérminées par des paramètres sociaux et matériels avec toutes les conséquences qui en découlent quant à sa structuration.

A la fin cest quun texte nest pas une simple somme de phrases, mais quil est des mécanismes dont lapprentissage garantirait sa cohérence, son intégrité et son sens logique.

Lanalyse proposée donne la possibilité datteindre au moins deux objectifs - lamélioration des compétences langagières dun côté et des performances professionnelles de lautre.

Autrement dit, cette analyse correspondrait parfaitement au modèle dapprentissage donné par N. Nell (1977: 2).

Naturellement nous sommes loin de penser que cet aperçu épuise toutes les possibilités de lanalyse textuelle, ce nest quune variante entre les autres qui aiderait à la perspective de la connaissance plus approfondie des phénomènes de lespace textuel au niveau supraphrastique et par là à leur application réussie.

 

 

BIBLIOGRAPHIE

Charolles 1978: Charolles, M. Introduction à la cohérence des textes. // Langue française, 1978, 38.

Nell 1977: Nell, N. Une problématique densemble pour lenseignement du français. // Pratiques, 1977, 13.

 

 

Anélia Brambarova
=============================
E-magazine LiterNet, 01.04.2008, 4 (101)