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LES SOIRÉES D’HIVER

web

Semblable à un sépulcre noir, la ville ce soir
Paraît très sombre et vide;
les pas sourds résonnent et fondent au loin dans le noir
et le brouillard humide.

Les immeubles étourdis fixent leur regard méchant -
Des yeux jaunes de verre;
Le peuplier en givre comme un revenant émergent
Flotte dans le gris désert.

Les fils tendus semblent être cordes bizarres,
Couverts d’un duvet rose
Et la neige arrosée d’éclairs sous le brouillard
Craque d’une plainte morose.

Mais dans le brouillard, à travers ses fins filets,
Fondant en deuil grandissant,
La jeune lune indique son chemin voilé
D’une lueur du croissant.

*

Je marche le long des maisons silencieuses
а travers la mer du brouillard
et la grande pauvreté miséreuse
me poursuit de moites regards.

Sur les vitres une main discrète,
Grâce au souffle froid de l’hiver,
A dessiné ces fleurs de fête -
Des tableaux d’argent si divers.

Voilà une maison très basse -
Dans la vitre - tête d’enfant,
Et des mots violents s’entrelacent,
emportés par les coups de vent.

Rentré, les deux mains vides, le père,
Toujours ivre, conjure encore
Sa vie inutile, ses misères,
Et la peine qu’il souffre fort.

Le rideau est sale, déchiré,
Et une vaste silhouette
Agite les deux bras, enivré
D’étranges idées malhonnêtes.

Les enfants s’écrient en prière,
Et dehors, la tête baissée,
une femme, dans sa misère,
sanglote sans cesse, harassée.

Et cette voix de sanglots bien lents -
L’écho de la nuit épaisse -
coupe le silence somnolent
tels chants discrets de tristesse.

Un violon trembla sanglotant,
Coupa le sommeil d’hiver,
Inattendu, à même l’instant,
Sons après sons sonnèrent.

Est-ce les vieux gitans actifs
Qui forgent le fer si tard?
Des marteaux, habilement levés,
resonnent net dans le soir.

Dans la baraque un feu enflammé,
Vacille pâle, trépidant,
Et partout de l’auvent enfumé
Luisent des glaçons pendants.

L’acier blanc resplendit vivement,
Frémit et gémit, et se tord -
Battu par les marteaux fermement
Etincelle en larmes d’or.

Bleu-clairs et jaunâtres, rougissants,
Des faisceaux-flammes éclairent
Les corps robustes, resplendissants -
Des gitans battent le fer.

*

Et dehors, le grand brouillard pèse lourd,
comme un voile sinistre et gris;
à peine perçoit-on le bruit sourd
d’une locomotive et son cri.

Et des silhouettes mystérieuses
Surgissent et puis disparaissent,
Une file de lampes électriques moroses
Perce à peine la nuit épaisse.

Dans le brouillard, teint de jaune et cendre,
Dans son festoiement lugubre et las,
Rode vaguement, prêt à surprendre,
Un être paru de l’au-delà.

C’est lui - le vieil aveugle, telle ombre,
rentre, d’un enfant embarrassé,
engloutis par le grand chaos sombre,
ils fondent peu à peu effacés.

Mes frères, mes frères misérables -
Captifs d’un sort toujours noir,
C’est lourd, ce brouillard ineffaçable
De la vie plongée dans le cafard…

*

De lourds sons comme un rêve, au loin sonnèrent.
Est-ce bien le minuit?
Dans le noir enfouies,
Comme des lances d’or jaillissent des lumières
Se perdant dans la neige qui luit.

Des taches jaunâtres en désordre paraissent
Sur les vitres en givre -
Déchirants et ivres -
percent les vitres des pleurs qui blessent
et des flammes de bougies vibrent.

*

Dans la chambre est posé un cercueil
Et dedans - visage de fille,
Bras croisés d’un jaune qui brille
Dans un lit en bois de deuil.

Une vieille pleure en sanglotant
Et récite des mots amers,
de ses touchants sanglots frémit l’air
et sa toux sèche à peine s’entend.

Et sur les murs très solitaires
Recourent les ombres à l’instant:
Devant l’icône ternie du temps
Un pauvre enfant fait sa prière.

Les bougies lentement embrassent
Sur les vitres les fleurs d’hiver
Et dans sa beauté éphémère
Elles se fondent sans traces.

*

Le long des maisons silencieuses,
Je marche encore dans le brouillard
Et la pauvreté miséreuse
Me poursuit des moites regards.

Des chants doucement retentissent
Et chantent quelque désastre;
Tremblent, s’éteignent, resplendissent
Sur la prison deux astres.

Deux gosses, au pied du réverbère,
laissent leurs sacoches un moment,
frémissent de ce grand froid d’hiver
et fixent leurs yeux tristement.

Et comme une poudre micacée
Les flocons tournent vifs et clairs;
Les gosses éblouis, embrasses,
Les prennent par leurs yeux en l’air.

Jaillissent les flocons d’argent pur,
Survolent et brillent comme crystal.
Et s’égrènent tous blancs de l’azur
Pour fondre dans la boue fatale.

 

 

© Hristo Smirnenski
© Parvan Cherkasky, traduit du bulgare
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© E-magazine LiterNet, 03.04.2015, № 4 (185)